Voilà, vous savez… Depuis ces nombreuses années de questionnements, d’incompréhension, de conflit, de patience… vous savez.
Vous avez hésité longtemps avant de le « faire tester » parce que vous n’étiez pas d’accord avec l’idée de le faire entrer dans une case chiffrée. Mais à bout de solutions, face à toute cette incompréhension qui vous sépare, vous avez pris le taureau par les cornes. Le rendez-vous avec la neuropsychologue ou la psychologue spécialiste des tests est pris, et il est même honoré… elle vous fait une restitution… et il est détecté comme étant haut potentiel.
Certains d’entre vous n’ont pas le « chiffre fatidique » pour savoir à quel point il est surdoué… 130 de QI ? 142 de QI ? Mais en tout cas la psy a été claire : il est haut potentiel !
Et qu’est-ce qu’on fait de ça maintenant ? D’accord, ça explique certaines choses depuis qu’il est petit, dont principalement son rapport à l’école et peut-être une partie de la réponse à votre question : pourquoi il ne fait pas comme les autres ? Mais vous, parents, vous n’êtes pas l’école ! Et il a plein d’autres univers dans sa vie.
Comment la question du haut potentiel vous est venue ?
Comme beaucoup de parents, vous avez comparé… décortiqué… regardé de plus près… vous avez eu mal… vous vous êtes responsabilisé des « originalités » de votre enfant. Mais aussi on vous a questionné… pris pour cible…
Souvent les enfants haut potentiel amènent à des interrogations plus « intenses » et parfois plus « douloureuses » pour leurs parents. L’école agit parfois comme un révélateur de culpabilité, ou bien encore, la famille proche et son incompréhension vont faire naître des questions telles que :
- « Il/elle n’est pas comme les autres, je vois bien qu’il ne se comporte pas comme ses cousins ? »
- « Pourquoi faire ses devoirs devient un agacement réciproque, même pire… une guerre ! en moins de 5 minutes ? »
- « Il/elle n’arrête pas de bouger, je ne vois pas comment il/elle peut se concentrer et apprendre cette fichue poésie… »
- « Pourquoi aujourd’hui à l’école, il/elle a encore brillé par son comportement inadapté ? »
- « Qu’est-ce qu’on a fait pour avoir un enfant comme ça ? »
- « Pourquoi ses notes peuvent être aussi excellentes que médiocres ? »
Vous ressentez probablement de la culpabilité parce que vous auriez dit (ou pas dit), fait (ou pas fait) « un truc », pour qu’aujourd’hui élever votre enfant soit douloureux pour toute la famille.
Les signes du haut potentiel chez les enfants
Acquisition du langage
Petit, l’acquisition du langage se ferait plus tôt que pour les autres enfants. Certains enfants possèdent un vocabulaire étonnamment riche dès 18 mois, combinant déjà des verbes pour former les prémisses de phrases : « papa parti pain », « maman travaille et chat dort », « ballon tombé route »…
Certains enfants au contraire semblent ne pas enclencher le langage, mais ce n’est que pour l’exprimer plus tard, sans étape du « parlé bébé ». La prononciation est tout de suite parfaite, la syntaxe est juste et le sens très approprié.
Avec une telle avance sur le langage, il est facile de comprendre que la lecture arrive plus vite aussi. Leur cerveau leur fait associer plusieurs paramètres, avec une vitesse de pensée et de compréhension remarquable.
Acquisition de la lecture
Il arrive que les enfants haut potentiel d’âge préscolaire sachent associer des lettres entre elles pour en déduire des sons, puis des mots, et finalement des phrases. Chez certains, ces acquisitions ne sont pas si linéaires : ils « lisent des mots » mais ne leur trouvent pas de sens, ce qui est un premier « décalage » source d’incompréhension.
Mais il faut aussi prendre en compte que pour certains enfants, la logique enseignée pour apprendre à lire n’est pas la leur… ce qui créera des difficultés pour apprendre à lire… et à compter.
La curiosité intellectuelle, la soif de découvrir
Bien sûr, les enfants haut potentiel ont d’innombrables questions ! En voici quelques-unes entendues d’enfants HP :
- « Où est le soleil quand il y a des nuages ? » — A., 3 ans
- « Pourquoi avec autant d’étoiles dans le ciel, il ne tombe pas ? Ça doit être lourd pourtant une étoile. » — S., 5 ans et demi
- « Pourquoi le zéro sous le tableau dans la classe de ma grande sœur, il est à gauche ? Moi je le trouve mieux à droite. » — L., 4 ans
- « Pourquoi 2 et 2 ça fait 4 ? » — Z., 4 ans
La sensibilité affective
Le haut potentiel intellectuel se voit dans le milieu scolaire, mais ne se fait pas toujours remarquer par d’excellents résultats. Il y a aussi le « haut potentiel émotionnel », et c’est bien souvent ce qui provoque le plus de souffrances lorsque c’est mal connu.
Un enfant HP aura une attention très particulière aux émotions des personnes qui l’entourent. Comme s’il avait développé en lui une sorte de « radar à émotions », et négatives de surcroît ! Il sait alors parfaitement si son entourage se sent émotionnellement stable ou pas.
Ainsi, l’enfant très sensible pourra s’interroger :
- « Si maman a accouché de mon petit frère, est-ce qu’elle peut aussi le désaccoucher ? » — T., 5 ans
- « Pourquoi papa il est triste ? »
- « Je crois que Noémie elle est malheureuse dans sa famille, parce que le matin elle n’est jamais coiffée… »
La vie avec les autres
L’enfant HP a des relations avec les autres enfants parfois empreintes d’incompréhension. Il ne comprend pas que les autres ne comprennent pas la leçon de maths, il est très critique vis-à-vis des autres et de leurs « imperfections », parce que lui-même est très perfectionniste. Le sentiment d’injustice est très fort et peut se manifester de manière violente.
On observe parfois un sens de l’humour prononcé, avec des jeux de mots élaborés : c’est pour mieux mettre de la distance avec les émotions humaines parfois trop complexes. L’enfant HP préfère souvent la solitude à la compagnie de trop d’enfants ou d’adultes.
Son sentiment de différence est majeur, massif, et il en est capable de parler. Il semble se créer « une vitre » entre lui et les autres : il est possible pour chacun de s’observer mutuellement, mais chacun semble séparé. Ce sentiment est extrêmement difficile à vivre au quotidien, d’autant plus lorsque l’enfant est régulièrement « comparé » à sa fratrie, ses copains d’école, ses cousins.
L’accompagnement parental
Au-delà de vous rassurer, j’aimerais enclencher chez vous une prise de conscience de ce qui est de votre responsabilité, et de ce qui ne l’est pas.
L’objectif d’un accompagnement parental lorsqu’on a un enfant haut potentiel, c’est de ne pas perdre le fil de l’éducation que vous souhaitez pour votre enfant.
Mon accompagnement vise à ce que vous gardiez les rênes du quotidien, parce que c’est vous qui les mettez en place et qui les adaptez.
Personne mieux que vous ne peut améliorer la situation avec votre enfant, et par conséquent, lui permettre de s’épanouir. C’est à vous que revient ce rôle.